Pourquoi Cape May au mois de mai ?

Yvette Roy, guide au COA avait exprimé l’idée d’aller au Cape MAYgration Shorebird and Horseshoe Crab Festival (Festival de la migration des limicoles et des limules de Cape May). Mais pourquoi Cape May ? Parce que la péninsule attire des millions d’oiseaux qui se reposent avant de continuer leur route vers le Nord et pour les oiseaux de mer qui festoient sur les œufs de limules.
Convaincus, Marielle Bouchard, Gilles Boucher, Louise Julien, Yolande Michaud, Yvette Roy partons le 16 mai 2013 pour assister au spectacle promis. Pendant trois jours, nous explorerons différents habitats. Je vous invite donc à nous suivre pour partager nos découvertes.

16 Mai :
6h30, départ de Montréal. Après avoir roulé sur la merveilleuse route qui traverse les Adirondacks et les montagnes Catskills, nous nous rejoignons à Highland (New York) pour y passer la nuit.

17 Mai :
Arrivés à Cape May (une coquette petite ville ponctuée de superbes demeures victoriennes) dès notre 1er arrêt à l’épicerie, nous sommes alertés par le cri de deux oiseaux marins juchés sur les toits. À nos jumelles et à nos livres, nous identifions la Mouette atricille que nous reverrons d’ailleurs sur toutes les plages et même, sur les trottoirs et dans les rues, cet oiseau ayant le même comportement chapardeur que nos goélands en quête d’un bout de pain ou d’une frite perdue… Autre pays…mêmes mœurs ! Il fait 28°C. Nos chambres ont vue sur la mer d’où l’on peut voir les dauphins exécuter leurs prouesses…

18 Mai :
1) Belleplain State Forest
De l’orée du bois de cette forêt de chênes, d’érables et de pins, parcourue de petits ruisseaux et d’étangs, voici les oiseaux exceptionnels que nous avons observés :
Coulicou à bec jaune, Moucherolle vert, Tangara vermillon, Tangara écarlate, plus 11 autres espèces (*voir la nomenclature complète à la fin de ce document). À notre grande déception, peu de parulines présentes. Des biologistes nous ont informés qu’elles étaient en retard dans leur migration, vu le temps frisquet des dernières semaines et les vents forts.

2) Jakes Landing
Un marais riche en observations où plusieurs plateformes ont été installées permettant aux Balbuzards pêcheurs d’y installer leur nid. Une femelle et son bébé ont pu être observés, le mâle se tenant à proximité, au bout d’un poteau. Autres observations remarquables : Aigrette neigeuse, Ibis falcinelle, Petit Blongios, Busard St-Martin, Râle de Virginie, 3 Râles gris, Chevalier semipalmé, Sterne de Forster, Troglodyte des marais, Bruant maritime, Moqueur roux et 5 autres espèces.

L’Ibis falcinelle se reconnaît à son bec arqué avec lequel il peut attraper des crustacés cachés dans la boue. Il semble noir, en vol, mais de près, on remarque les reflets verts bleutés de ses ailes. C’est un superbe oiseau ! Un claquement se fait entendre. Nous avons mis du temps avant de repérer non pas un mais trois Râles gris qui courent vite et disparaissent dans la Spartine. Ils profitent de la marée basse pour attraper des crabes.

3) Goshen Cape May Observatory/Center for research and Education
Cet endroit comporte une petite forêt et des buissons fleuris attirant les colibris, les papillons et les oiseaux chanteurs. Les étudiants de l’Université Cornell y ont recensé, 250 espèces ! En parcourant le sentier principal, nous y avons observé : Colibri à gorge rubis, Mésange de Caroline, Merlebleu de l’Est, Moqueur polyglotte, Oriole des vergers et 8 autres espèces. (Fait à noter : Un Urubu à tête rouge a volé, en piqué, à 30 cm au-dessus de nos têtes, pour se retrouver dans le boisé voisin; toute une surprise !)

4) Kimbles Beach
Un ornithologue bénévole avait installé sa tente sur la plage, renseignant les gens sur les oiseaux de bord de mer. Il évaluait la population de Bécasseaux sanderling à, au moins, mille individus.
Observés à cet endroit : Bécasseau sanderling, Cormoran à aigrettes, Grande aigrette, Tournepierre à collier, Corneille de rivage, Bécasseau maubèche, plus 7 autres espèces.

Nous avons pu y voir également quelques limules. Ce n’est que dans une semaine, à la pleine lune, que les limules viendront sur la plage pour y pondre leurs œufs, attirant ainsi des milliers d’oiseaux de rivage. Même si elles ressemblent à des crabes, elles sont proches des araignées. Leur sang a la particularité de coaguler en présence de bactéries. Plusieurs applications de cette particularité sont très utiles en médecine.

limule(Wildnewjersey-tv)(Wildnewjersey.tv)

19 Mai :
1) Cape May Meadows
On retrouve ici, une prairie, un marais d’eau douce, une plage, des dunes, une forêt. Autant d’habitats, autant d’oiseaux différents.
Espèces remarquables : Cygne tuberculé, Huîtrier d’Amérique, Petite Sterne, Balbuzard pêcheur, Sterne pierregarin et 24 autres espèces observées en quelques heures, en ce seul endroit !
Ayant observé une Corneille de rivage volant avec un œuf dans sa bouche, les ornithologues présents nous ont appris qu’elles volent les œufs de Pluvier siffleur et de Bec-en-ciseaux noir. Ce dernier ne niche plus à Cape May Meadows d’ailleurs.

2) Cape May point State Park
Près du chalet d’accueil, tous les condos sont « loués pour la saison » aux Hirondelles noires !

Pluvier_siffleur(RichardKuzminski)(Richard Kuzminski)

Le principal intérêt de ce site, est de voir le Pluvier siffleur qui niche, ici, sur la plage. On a construit autour et au-dessus de son site de nidification, une grande cage faite de broche qui protège l’oiseau des prédateurs. La plage est en partie clôturée et interdite aux promeneurs. Après un temps d’attente assez long, Yvette s’écrie : « Je viens de le voir réintégrer son nid par une ouverture latérale! » C’est grâce à la saisie de ce mouvement que Gilles a pu focaliser sa lunette pour nous permettre cette vision extrêmement touchante de ce tout petit oiseau si vulnérable, couvant sa fragile nichée. Moment émouvant.
Principales observations : Pluvier siffleur, Bécassin roux, Moqueur polyglotte, plus 7 autres espèces.

3) Higbee Beach Wildlife Management Area
Une belle surprise nous attendait dans ce milieu combinant champs et forêt : Le Guiraca bleu aux ailes bordées de marron s’est laissé admirer pour une « photo de famille » avec sa femelle et son petit. Wow!

Guiraca_bleu(Cornell-lab)(Cornell Lab of Ornithology)

Le Passerin indigo n’est pas, non plus passé inaperçu ! Deux visions de bleu paradis, rien de moins ! En tout, six espèces dénombrées en ce lieu.

20 Mai :
1) Stone Harbour Point
Dans le marais salé bordé d’un côté par des arbres et des arbustes, voici les oiseaux remarquables observés : Bernache cravant, Pygargue à tête blanche, Pluvier semipalmé, Bécasseau minuscule, Bécasseau variable, Corneille de rivage, Quiscale des marais, Moqueur roux, Moqueur chat, plus 12 autres espèces.

2) Nummy’s Island
Tout près de la route et au bord de la mer, entre deux piqûres de moustiques, (les premières !) nous avons pu observer : l’Aigrette bleue, l’Aigrette tricolore, le Pluvier bronzé, le Pluvier argenté et 4 autres espèces.

3) Edwin B. Forsythe National Wildlife Refuge (secteur Brigantine)
Cet endroit est constitué de marais salés, de marais d’eau douce fabriqués, d’étangs, d’une baie intérieure et de vasières. Les autos y peuvent circuler sur une boucle à sens unique de 8 milles, soit 13,3 km.
C’est ici que nous avons enfin pu observer cet oiseau que nous cherchions depuis le début du voyage : le Bec-en-ciseaux noir. Une vingtaine de spécimens y étaient présents, certains au repos avec la tête sous l’aile, d’autres en vol, écumant la surface de l’eau, bec ouvert, à la recherche de petits poissons et de crustacés. Un oiseau plutôt spectaculaire !

Bec-en-ciseaux-noir(Cornell-lab)(Cornell lab of Ornithology)

Dans la vasière, des centaines de crabes violonistes se déplaçaient à grande vitesse. Les mâles sont impressionnants arborant une pince beaucoup plus grande que l’autre, qui lui sert à attirer la femelle et à défendre son territoire. Dans ce refuge, nous avons donc observé, outre le Bec-en-ciseaux noir, la Sterne Hansel et le Petit Chevalier, 15 autres espèces présentes.

Voilà. C’est la fin de la belle aventure. En trois jours pleins d’observation, 95 espèces d’oiseaux ont pu être identifiés dont plusieurs primecoches. La région de Cape May est vraiment un endroit magique. La nature y est luxuriante et s’offre en paysages riches, variés et d’une grande beauté. L’État du New Jersey met un souci évident à protéger ses milieux naturels. Puissiez-vous visiter ce paradis pour ornithologues passionnés !

(par Louise Julien et Yolande Michaud)

*La liste des « autres espèces notées» mais non mentionnées :
Cormoran à aigrettes, Bernache du Canada, Canards : chipeau/colvert/noir, Sarcelle à ailes bleues, Goélands : à bec cerclé/ marin/argenté, Grand héron, Pluvier kildir, Bihoreau gris, Dindon sauvage, Pigeon biset, Tourterelle triste , Pic mineur, Tyrans :tritri/huppé, Moucherolles : Phébi/Pioui de l’Est, Hirondelles : rustique/ bicolore, Martinet ramoneur, Corneille d’Amérique, Geai bleu, Merle d’Amérique, Grives : solitaire/des bois, Viréos : aux yeux rouges/mélodieux, Parulines : masquée/des pins/couronnée, Vacher à tête brune, Carouge à épaulettes, Quiscale bronzé, Étourneau sansonnet, Cardinal rouge, Roselin familier, Chardonneret jaune, Bruants : familier/chanteur.

Pour en savoir plus :
Alsop, Fred J. Birds of North America. Eastern Region.
Sites web :
http://www.BirdCapeMay.org
http://www.capemaytimes.com
http://www.state.nj.us/dep/parkandforests
http://www.njwildlifetrails.org
http://www.fws.gov/northeast/capemay/wildlife.html

CapeMay

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Notre région d’excursions

Cette page situe les principaux lieux de randonnée du club au-delà de l’Île de la Visitation :

Pointe-aux-prairies : Il s’agit du parc-nature de Montréal situé le plus à l’est de l’Île. Le club y fait parfois des excursions.

Île Bizard : Ce milieu humide protégé est riche en oiseaux nicheurs à cause de la variété de ses habitats. On peut y voir les oiseaux suivants selon les saisons: Grèbe à bec bigarré, Buse à épaulettes, Râle de Virginie, Moucherolle phébi. Le COA est également engagé dans la piste des 8 nichoirs du parc-nature du Bois-de l’Île-Bizard depuis 1995.

Parc d’Oka : Ce parc provincial, bien que situé à l’extérieur de l’île de Montréal, est un des endroits les plus actifs pour le club. Quant à la piste de merlebleus du Parc d’Oka, le club y est actif depuis 1992 grâce à J. St-Pierre, M.-H. Bécot, G. Charland, etc. qui ont assuré l’entretien et le suivi des quelques 46 nichoirs.